CELIA : CENTRE D'ETUDES DES LANGUES INDIGENES D'AMERIQUE

UMR IRD - CNRS, Universités de rattachement : Inalco - Paris VII

Le contexte scientifique

* La nécessité pour la théorie linguistique de valider ses modèles par leur confrontation avec une grande diversité de langues, et spécialement avec des langues atypiques par rapport aux références dominantes du paradigme de la linguistique que sont les grandes langues européennes.

* L'aide à la détermination des structures cognitives de la pensée humaine à travers l’ analyse de la construction des catégories linguistiques dans des langues très diverses.

* L'intérêt pour les sciences du langage de disposer d'une documentation précise provenant des langues d'aires encore très peu connues comme l'Amazonie ou la Caraïbe (ensemble géographique des îles et des pays riverains de la Mer des Caraïbes).

* L'existence déjà détectée dans les langues d'Amazonie, mais à étudier plus profondément, de phénomènes syntaxiques (non configurationnalité, ergativité syntaxique, omniprédicativité. etc.) qui questionnent certains modèles grammaticaux dominants.

 

 

* La nécessité de documenter et de théoriser les changements massifs de systèmes linguistiques comme sont les processus de créolisation ou de langues à "identité mixte", phénomènes très présents dans les régions de rencontre de civilisations et de grands brassages de populations comme la Caraïbe.

* La description minutieuse des pratiques langagières dans des contextes multilingues et en particulier l'étude des résistances des vernaculaires face aux langues officielles, des luttes des vernaculaires entre eux, de l'apparition de véhiculaires non officiels, etc., la Guyane étant à cet égard un observatoire privilégié .

* Le déchiffrement des écritures pré-colombiennes méso-américaines en plein essor et qui exige actuellement la constitution de grands corpus pour mettre à l’épreuve les hypothèses de décryptage.

* La reconstitution d'états anciens des grandes langues mexicaines et péruviennes dotées de tradition écrite, reconstitution maximisée par l'accès nouveau à des documents coloniaux.

Mai 2004 : lors d'une conférence de presse organisée dans la salle de réunion du Centre IRD de Cayenne, les linguistes Bettina Migge (à gauche) et Michel Launey (à droite) ont présenté leurs ouvrages : Grammaire du nengee : introduction aux langues aluku, ndyuka et pamaka et Awna parikwaki : introduction à la langue palikur de Guyane et de l’Amapa, publiés aux Editions IRD. (© IRD / Parel)
Objectifs scientifiques

* UN DOUBLE OBJECTIF :

* Apporter des connaissances nouvelles sur les systèmes linguistiques de l'Amérique indigène encore très peu documentés, voire inconnus, et contribuer par là aux débats en cours dans les sciences du langage.

* Contribuer à l’intelligence des cultures amérindiennes par le déchiffrement et/ou l'interprétation de textes en langues indigènes. Le champ de travail de l’UMR est l'Amérique latine. Les équipes qui la constituent mènent déjà, de longue date, des opérations au Mexique, au Pérou, en Colombie, au Brésil, avec une moindre intensité au Venezuela. en Equateur, en Bolivie, en Argentine, au Chili, au Belize.

Depuis 1994, elles se sont beaucoup investies en Guyane française. Le projet de recherches que l'Unité présente pour quatre ans (2002-2005) s'articule autour de trois programmes et un chantier transversal :

* (1) Stratégies prédicatives et fonctions syntaxiques: une contribution amazonienne à la typologie linguistique.


* (2) Textes et écritures des langues à tradition écrite de l’Amérique indienne.

* (3) Contacts de langues : dynamiques des systèmes et des pratiques linguistiques.

* (Chantier transversal) : catégorisations linguistiques. Les recherches développées au Laboratoire des sciences sociales du Centre IRD de Cayenne par l'équipe travaillant sur les Langues de Guyane s'inscrivent dans les programmes (1) et (3).

 

* APPORTS A LA SOCIETE :

L’émergence de revendications à la dignité linguistique et culturelle des diverses populations et le désarroi du corps enseignant confronté à une situation à laquelle il n’est pas préparé, et contraint d’appliquer des programmes notoirement inadaptés font du plurilinguisme guyanais un important enjeu social et politique. Il se crée ainsi une convergence d’intérêts pour réclamer une meilleure connaissance du milieu, et un investissement des chercheurs en sciences humaines, avec pour programme : produire des connaissances afin de les mettre au service des acteurs sociaux.

Sur le marché de Cacao, une situation d'échange linguistique en langue Mhong. (© IRD / Parel)

Un laboratoire au Centre IRD de Cayenne


* LES RESULTATS :

Les résultats sont concrétisés dans des ouvrages scientifiques. Notamment en 2002 est paru le numéro double 26-27 de la revue Amerindia sur les langues de Guyane et en 2003 Amerindia n°28, numéro spécial consacré aux langues caribes d’Amérique du Sud. Le fonctionnement de la recherche et des actions appliquées est assuré par des financements propres et des financements extérieurs (DGLF/Seom/Drac Guyane/CPER).

* ACTIONS DE FORMATION :

- Interventions ponctuelles dans des sessions de formation permanente des enseignants ;

- Formation des médiateurs culturels bilingues de l’Education Nationale ;

- Interventions universitaires sur le campus de Cayenne : une UV de linguistique, orientée vers la situation guyanaise, dans le cadre du second cycle de Lettres ; une intervention dans le cadre de la licence de

 


 

Langues et cultures régionales.

- Formation des PE2 de l’IUFM : prise en charge d’un module de linguistique appliquée aux langues de Guyane

* PERSPECTIVES A L'ECHEANCE DU PROGRAMME :

- Un accroissement des connaissances significatif des différents systèmes linguistiques présents en Guyane (phénomènes morpho-syntaxiques, changements, pratiques langagières) permettant de contribuer aux débats scientifiques et à l’élaboration de modèles typologiques;

- L'application des résultats de la recherche à une réflexion pédagogique sur l’enseignement en milieu multilingue, conduite en collaboration avec l’Education nationale et concrétisée dans la constitution d'une Equipe de Recherche en Technologie de l'Education, sous la responsabilité de l’IUFM, devrait permettre la création de méthodes et d'outils complètement nouveaux.

* PLUS D'INFOS...

Mai 2004, dans la salle de réunion du Centre IRD de Cayenne, l'équipe du CELIA a organisé un stage de formation des médiateurs bilingues. A gauche, Odile Renault-Lescure. (© IRD / Parel)
Moyens humains

* EQUIPE DE RECHERCHE

Direction :

- Directeur de l'UMR : Jon Landaburu, directeur de recherche au CNRS

- Directrice adjointe : Odile Renault-Lescure, chargée de recherche à l'IRD

En Guyane :

Une équipe de recherche constituée de deux chercheurs présents en Guyane. Michel Launey, PU Paris 7 en délégation au CNRS, Responsable du Laboratoire des sciences sociales, et Sophie Alby, maître de conférence à l’IUFM de la Guyane.

Chercheurs en mission :

Une équipe composée par ailleurs de six chercheurs en mission : Laurence Goury, chargée de recherche à l'IRD, Isabelle Léglise, maître de conférence à l’Université de Tours en délégation au CNRS, Bettina Migge, maître de conférence à l’Université de Dublin, Marie-France

 

Patte, chargée de recherche au CNRS, Odile Renault-Lescure, chargée de recherche à l'IRD, Françoise Rose, chargée de recherche au CNRS.

Hors statut :

Un chercheur hors statut : Eliane Camargo.

Doctorant :

Un doctorant associé stagiaire : Mònica Barrieras d’Angás (Université de Barcelone).

* CONTACT :

Responsable du laboratoire des Sciences sociales, Michel Launey, 05 94 25 32 44, launey@cayenne.ird.fr

Site de l'UMR...